Samedi 2 juin 2012 6 02 /06 /Juin /2012 16:30

A l'occasion de la 11e édition du festival d'Epinal (31 mai - 3 juin 2012), les Imaginales ont remis leurs prix :

 

Roman francophone : Adrien TOMAS, La Geste du 6e Royaume (Mnémos)

Roman étranger traduit : Daniel POLANSKY, Le Baiser du rasoir (Bragelonne)

Jeunesse : Kai MEYER, La Soie et l’épée – Le Peuple des nuées, tome 1 (L’Atalante)

BD : HERBEAU & CIVIELLO, La Dynastie des dragons (Delcourt)

Illustration : François PLACE, Le Secret d’Orbae (Casterman)

Nouvelle : Lucius SHEPARD, Le Dragon Griaule, pour l’ensemble du recueil (Le Bélial)

Prix spécial du Jury : Patrice LOUINET pour son travail d’édition et de traduction d’Howard (Bragelonne)

 

Créé en mai 2002 à l'initiative de la Ville d'Epinal, le Prix Imaginales est le premier Prix exclusivement consacré à la fantasy en France. Il récompense à la fois des écrivains, des illustrateurs, des essayistes ou des traducteurs.

 

 

Le site du festival

 

 

 

 

Par Sandrine Brugot Maillard - Publié dans : News
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Jeudi 31 mai 2012 4 31 /05 /Mai /2012 15:30

McKay.jpgUn voyage scolaire en Écosse, le ski, les lochs : le rêve vu d’ici. Sauf que Bobby déteste l'Ecosse tout autant que les voyages scolaires et préfère donc rester au fond du car pendant la pause-pipi. Parce que Bobby est aussi une solitaire : d’origine britannique, elle a grandi aux États-Unis et est revenue depuis peu en Angleterre avec sa mère qui ne s’est jamais soucié d’elle, son père adoré étant mort peu avant de maladie. Pas très sociable Bobby, il va pourtant bien falloir qu’elle fasse équipe avec les survivants.

Parce que voilà, camarades et professeur viennent de se transformer en zombies animés de très mauvaises intentions. Restent Smitty le flambeur, Alice l’écervelée et Pete l’intello. A quatre contre une horde, c’est peu mais ils ont l’avantage de la vitesse et de la débrouille. Ils vont réussir à s’enfuir avec le car scolaire, pour mieux revenir sur leurs pas, repartir, se retrouver bloqués, bref, tout ça piétine, ça ressemble même à une machination, un plan pour les coincer là, dans cette station-service. Mais les quatre intrépides jeunes gens trouvent refuge dans un château tout ce qu’il y a de plus écossais (avec tour, cellules et passages secrets) et désert. Momentanément. Parce que quand les propriétaires reviennent, pour n’être pas zombies, ils n’en sont pas moins armés de très mauvaises intentions à leur égard

C’est Bobby qui raconte cette invasion de zombies et le moins qu’on puisse dire c’est qu’elle a le sens de la répartie. Au plus fort de la tourmente, son humour fuse plus que jamais. Vannes de zombies, mises en boite de ses camarades, auto-dérision féroce : rien de très subtil, que du potache mais vraiment drôle. Les situations sont elles aussi souvent cocasses, à l’image de cette carotte géante qui après avoir semé le virus zombiesque se met à poursuivre nos jeunes héros, les bras tendus et l’œil vide.

Pas de réflexion ici sur le genre humain, la survie ou quoi que ce soit d’ailleurs. Priorité à l’humour et à l’action, les situations critiques s’enchaînent, les hurlements aussi et le lecteur passe un très bon moment. L’invasion de zombies est traitée avec détachement et humour, un ton très adolescent et premier degré tout à fait réjouissant

 

Un billet chez AcrO.

 

Zombies Panic (2011), Kirsty McKay traduite de l'anglais par Daniel Lemoine, Seuil Jeunesse, mars 2012, 320 pages, 12.90€

Par Sandrine Brugot Maillard - Publié dans : Jeunesse
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Samedi 26 mai 2012 6 26 /05 /Mai /2012 18:00

Nous étions cinq jurés du Grand Prix de l'Imaginaire réunis aujourd'hui en fin d'après-midi à Saint-Malo, au festival Etonnants Voyageurs pour remettre le GPI 2012 dans ses diverses catégories. François Angelier, Jean-Pierre Fontana, Pascal Patoz, Jean-Luc Rivera et moi-même avons donc eu le plaisir de récompenser :

 

GPI 2012 : Roman francophone

            Roland C. WAGNER pour Rêves de Gloire (L'ATALANTE)

 

GPI 2012 : Roman étranger

            China MIÉVILLE pour The City & the City (FLEUVE NOIR)

 

GPI 2012 : Nouvelle francophone

            Christophe LANGLOIS pour le recueil Boire la tasse (L'ARBRE VENGEUR)

 

GPI 2012 : Nouvelle étrangère

            Lisa TUTTLE pour le recueil  Ainsi naissent les fantômes (DYSTOPIA)

 

GPI 2012 : Roman jeunesse francophone

            Frédéric PETITJEAN pour La Route des magiciens (DON QUICHOTTE)

 

GPI 2012 : Roman jeunesse étranger

            Lauren OLIVER pour Delirium & Le Dernier jour de ma vie (HACHETTE Jeunesse)

 

GPI 2012 : Traduction

            Patrick DUSOULIER pour Les Enfers virtuels de Iain M. BANKS (LAFFONT) & La Route de Haut-Safran de Jasper FFORDE (FLEUVE NOIR)

 

GPI 2012 : Graphisme

            Joey HI-FI pour la couverture de Zoo City de Lauren BEUKES (ÉCLIPSE)

 

GPI 2012 : BD / Comics

            Juan DIAZ CANALES & José-Luis MUNUERA pour Fraternity (DARGAUD)

 

GPI 2012 : Mangas

            Atsushi KANEKO pour Soil tomes 1 à 6 (ANKAMA)

 

GPI 2012 : Essais

            Sébastien CARLETTI & Jean-Marc LAINÉ pour Nos Années Strange – 1970/1996 (FLAMMARION)

            &

            Jean-Marc LAINÉ pour Super-héros ! La puissance des masques (LES MOUTONS ÉLECTRIQUES)

 

GPI 2012 : Prix spécial

         Les éditions José CORTI pour plus de 70 ans au service de l'Imaginaire

Par Sandrine Brugot Maillard - Publié dans : News
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Mercredi 23 mai 2012 3 23 /05 /Mai /2012 00:00

Shane.jpgBonne surprise que ce roman, premier tome d’une trilogie que je croyais destinée à la jeunesse, mais qui est en fait un bon suspens bien prenant avec un héros narrateur qui prend de l’ampleur au fil de son récit.

 

Au départ, Joseph, dit Joe, vingt-cinq ans, est un tueur comme les autres : il tue là où on lui dit de tuer, il est entraîné pour ça et n’éprouve aucun scrupule puisque lui, il fait partie des gentils. Dans la Guerre qui l’oppose depuis des générations aux autres, il est dans le camp de ceux qui se battent pour la justice, de ceux qui, opprimés, se sont soulevés pour plus de Justice. Son père, sa sœur, ses grands-parents ont été tués par les autres au cours de cette Guerre, par des tueurs obéissants comme lui, alors à dix-huit ans, il s’y est lancé lui aussi, par soif de vengeance. A dix-huit ans et par avant car on ne peut tuer ni être tué avant cet âge-là, c’est la deuxième règle de cette Guerre. La première : on ne tue pas les innocents. La troisième, celle qui va jouer un rôle déterminant dans sa vie : si quelqu’un, d’un côté ou de l’autre, a un enfant avant ses dix-huit ans, cet enfant doit être livré à l’ennemi pour qu’il en fasse un des siens, un tueur à lui.

 

Joe, Michael et Jared prennent quelques jours de vacances clandestines ensemble, comme quand ils étaient gosses et ne connaissaient pas encore la Guerre. Mais des tueurs ne tardent pas à arriver et Joe ne doit la vie qu’à l’intervention de son ami. Une erreur qui attire sur lui l’attention de ses supérieurs (qu’il ne connait pas, les échanges sont uniquement téléphoniques, via un intermédiaire) qui seront encore plus indisposés suite au ratage d’une mission canadienne. Non seulement Joe rate sa cible mais en plus il blesse grièvement un innocent. Et tombe amoureux de Maria, jeune étudiante, trop jeune étudiante.

 

Au départ, j’ai trouvé ces jeunes gens endoctrinés extrêmement déplaisants. Tellement crédibles en fait, me suis-je rendu compte ensuite, que je les croyais monolithiques. J’ai donc accueilli l’évolution psychologique de Joe avec soulagement, d’autant plus qu’elle se fait très progressivement, il ne largue pas les convictions de toute une vie sur un coup de tête ou même un coup de foudre.

 

Sous ses couverts de justicier, Joe est juste un psychopathe qui flingue n’importe qui, un soldat endoctriné de la pire espèce.  C’est donc dans un premier temps la fascination du Mal qui pousse à la lecture. Puis au fur et à mesure que sa situation se fragilise parce qu’il s’humanise, le lecteur se surprend à s’inquiéter pour lui, et même à l’apprécier. Au final, ce type au départ infect devient même émouvant tout en restant crédible, ce qui est assez inattendu. Car le genre, celui du thriller mâtiné de grand complot et saupoudré d’action ne fait généralement pas la part belle au réalisme psychologique.

 

Des personnages réussis pour une intrigue qui ne l’est pas moins, progressant efficacement, gagnant petit à petit en tension et en enjeux. Ce qui donne un excellent divertissement, dévoré en une journée pluvieuse. Il y avait bien longtemps qu’un livre d’action ne m’avait pas plu à ce point.

 

 

 

Enfants de la paranoïa (2011), Trevor Shane traduit de l’anglais (américain) par Pascal Loubet, Michel Lafon, avril 2012, 362 pages, 19.95€

Par Sandrine Brugot Maillard - Publié dans : Livres
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Samedi 19 mai 2012 6 19 /05 /Mai /2012 00:00

Espinosa.jpgLittérairement curieuse et actuellement plongée dans une période hispanisante, je ne pouvais que m’intéresser à ce livre au titre aussi accrocheur que romantique : « Tout ce que nous aurions pu être toi et moi si nous n’étions pas toi et moi ». Je me renseigne sur ce jeune auteur inconnu ici, né en 1973 et Barcelonais. Ce que l’éditeur français met en avant sur la jaquette : « atteint d’un cancer, il perd une jambe, un poumon et une partie du foie, et passe l’essentiel de sa jeunesse à l’hôpital ». Je compatis, je ne suis pas un monstre, mais je me dis que si l’intérêt principal de cet auteur est son cancer de jeunesse et donc la compassion qu’il fait naître chez le lecteur, c’est littérairement mal parti…

Marcos vient de perdre sa mère. Il est sur le point de s’injecter une drogue qui le privera définitivement de sommeil, comme nombre de ses compatriotes. C’est alors que de son balcon, il voit passer une jeune fille qui entre dans un théâtre. Et que son téléphone sonne : son chef le réclame, là, tout de suite, à trois heures trente du matin (son chef fait partie de ceux qui ont cessé de dormir). On vient de trouver un extra-terrestre et Marcos doit l’interroger car toutes les méthodes utilisées jusqu’à présent pour découvrir son identité n’ont rien donné.

On apprend la nature du don de Marcos à au moins la moitié du roman mais comme elle est révélée en quatrième de couverture, je me permets d’en dire plus : Marcos voit les souvenirs des gens, il les lit directement dans leur tête. Marcos est un brave gars, il ne se sert pas de son don à mauvais escient, mais bon, pour aider un nouvel ami extra-terrestre peut-être pas si extra-terrestre que ça, on peut bien marcher un peu sur ses principes…

Comme je n’ai à peu près rien compris à l’intérêt, au charme et à la poésie de cette histoire, je lis la quatrième de couverture : « une fable sur la perte, la douleur et l’amour, empreinte de tendresse mélancolique ». Ah bon. Je voudrais bien savoir pourquoi les gens s’injectent une drogue pour ne plus dormir, c’est quoi l’intérêt et le rapport avec la mère chorégraphe ? Et j’ai lu quelques livres étranges dans ma vie, des bouquins à l’imaginaire débridé et même des trucs un peu barrés, mais cette histoire de planètes à la fin, c’est juste grotesque. Ça doit être ça qui est poétique dans le roman : donner un sens à sa vie en en espérant une autre.

Quand même, la quatrième de couverture parle d’un « best-seller à la fois ingénu et transgressif » : ingénu je vois bien, trop bien même, mais je m’en tiendrai là car il est des personnes dont il est mal de se moquer ; mais transgressif, vraiment, je ne vois pas.

Et pour finir, si les Razzies passent par là, franchement, cette quatrième de couv’ est idéale : « un Stephen King qui ne ferait pas peur allié à l’art du conteur d’un Murakami ».

 

Tout ce que nous aurions pu être toi et moi si nous n’étions pas toi et moi, Albert Espinosa traduit de l’espagnol par Christilla Vasserot, Grasset, avril 2012, 255 pages, 15€

Par Sandrine Brugot Maillard - Publié dans : Livres
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Mardi 15 mai 2012 2 15 /05 /Mai /2012 00:00

 

Aaron.jpgVoici un nouveau bandit, pas meurtrier celui-là, juste voleur, mais le meilleur du monde d’après ses dires. Il s’appelle Eli Monpress, vit dans le royaume de Mellinor dirigé par le roi Henrith de la maison d’Allaze, comme tous les rois depuis la fondation quatre cents ans auparavant. Eli n’opère pas seul, il a dans sa troupe Joseph Liechten, bretteur et Nico, démonengeane. Leur dernier plan en date : kidnapper le roi Henrith et demander une rançon. Mais au moment où commence le roman Eli est prisonnier dans les oubliettes du château, il va donc falloir qu’il commence à en sortir. Ce qu’il fait facilement en s’accordant les bonnes grâces de la porte. Car Eli est aussi magicien, de ceux qui parlent aux esprits. C’est alors que Miranda, Spirite de son état, arrive au château sur ordre de la Cour aux esprits afin de chercher et récupérer les reliques magique disséminées dans le royaume de Mellinor par le roi fondateur, Gregorn. C’était un roi magicien qui après lui a banni toute magie de son royaume, c’est dire que ni Eli ni Miranda ne sont les bienvenus. Même si Miranda est une Spirite, qui s’allie les esprits avec leur accord et Eli un magicien qui les utilise par la contrainte (même si dans son cas, le charme semble la seule utilisée).

 

Le plan d’Eli fonctionne bien. Au début. Le roi est fait prisonnier, la rançon demandée. Mais voilà que surgit de nulle part Renaud, frère aîné d’Henrith qui a été écarté du trône et banni car il était magicien. Il revient, dit-il, pour ne pas laisser le royaume de ses ancêtres à l’abandon, pour faire justice… et peut-être remplacer son frère sur le trône puisque celui-ci est mort, prétend-il, des suites de son enlèvement. Mais Renaud n’est pas si désintéressé qu’il le dit, c’est un Asservisseur de la pire espèce qui lui aussi cherche les reliques magiques pour affermir son pouvoir.

 

Le roman commence sur les pas d’Eli et de sa bande, on les suit dans leurs plans et leurs refuges. On est dans l’ambiance des Salauds Gentilshommes, puis l’auteur ne suit pas cette piste. On s’embarque par la suite plutôt vers une fantasy avec pouvoirs, combats et grands effets sensationnels : des entités qui s’animent, des forces du Mal et du Bien qui s’affrontent en des combats homériques, surtout dans le dernier quart du roman. J’aime moins, j’ai l’impression d’avoir lu ça dix fois. Du coup, on perd de vue le sympathique Eli Monpress, ce charmant voleur qui semble insouciant mais recèle d’immenses pouvoirs.

 

L’univers créé par Rachel Aaron est par contre plutôt intéressant, doté d’un potentiel inépuisable puisque tout, objets, animaux, végétaux… jusqu’à la moindre étincelle en passant par la plus imposante montagne, tout a un esprit et peut donc être utilisé par qui connaît le langage. A force de flatterie, Eli peut convaincre une porte de lui livrer passage, mais Renaud peut invoquer les pires créatures. La lutte entre magiciens commence…

 

La légende d’Eli Monpress – 1 : le voleur aux esprits (2010), Rachel Aaron traduite de l’anglais  par Guillaume Le Pennec, Orbit, janvier 2012, 265 pages, 15.90€

Par Sandrine Brugot Maillard - Publié dans : Livres
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Samedi 12 mai 2012 6 12 /05 /Mai /2012 20:00
Les Futuriales, festival des littératures imaginaires d'Aulnay-sous-Bois, ont leurs prix, comme il se doit. Ils ont été remis aujourd'hui à :
.
  • Catégorie Révélation adulte : Raphaël Albert pour Avant le Déluge (Mnémos)
Présentation de l'éditeur : Albert nous projette dans Panam, un Paris du 19ème siècle décalé : la Révolution française n’a pas eu lieu mais elle couve, les manifestations d’ouvriers sont nombreuses, la ville est la capitale d’un Royaume multiracial où les humains dominent des nains vaincus et des elfes réfugiés au sein de forêts impénétrables. Les centaures-taxis côtoient coches et motos à vapeur. La magie très codifiée par des mages académiciens sert à la vie de tous les jours. Dans ce deuxième roman, Raphaël Albert reprend ses personnages là où il les a laissés. Les voilà célèbres, installés et les poches remplies. Pourtant, ils vont devoir affronter des entreprises encore plus dangereuses et malfaisantes. Tout en approfondissant son univers, l’auteur tisse une intrigue encore plus palpitante et entraînante. Nous en apprenons plus sur le destin passé de Sylvo Sylvain, les raisons de son exil ou de son amitié avec Pixel.
 
 
  • Catégorie Révélation jeunesse : Arnaud Duval pour Les Pousse-Pierres (Editions du Riez).

Présentation de l'éditeur : En 2170, d’un côté les corporations terriennes ont remplacé les états et dominent la planète. De l’autre, les communautés spatiales contrôlent le reste du système solaire sous l’autorité d’Eloane, la station orbitale géante au point de Lagrange L1 entre la Terre et la Lune.
Les prospecteurs Spatieux de laCeinture d'Astéroïdes, également appelés "pousse-pierres", fournissent à la Terre les ressources spatiales dont elle dépend, mais les terriens sont priés de rester chez eux. Un consortium de corporations s’organise pour mettre fin à la domination d’Eloane au moyen d’un coup de force audacieux.
Maureen O’Garret est une jeune fille dont les parents ont été victimes d’un accident mortel autour de Jupiter. Solitaire et volontaire, elle cherche à reconstruire sa vie à bord de l'Améthyste, le cargo Spatieux qui l’a recueillie.
La famille de Richard Trévise a décidé de fuir la Terre afin d’émigrer clandestinement sur Eloane. Ses parents, anciens employés d’une des corporations du consortium, deviennent l’enjeu d’une lutte souterraine entre les services de sécurité Terriens et ceux d’Eloane. Dans l’espace Richard découvre un monde aux règles étranges, et pas toujours confortable.
Lorsque les corporations terriennes passent à l’action, les deux jeunes gens se retrouvent au cœur d’un affrontement qui va décider du futur de l’humanité.

Par Sandrine Brugot Maillard - Publié dans : News
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Mercredi 9 mai 2012 3 09 /05 /Mai /2012 00:00

Bell.jpgPas d’anges dans ce roman, contrairement à ce que le titre pourrait laisser croire, mais une Amérique post apocalyptique et des zombies, pleins de zombies, autrement appelés limaces ou sacs à viande. Au milieu, une poignée d’êtres humains qui tentent de survivre dans un monde dangereux, très dangereux. Le lecteur suit Temple, quinze ans environ, qui doit fuir l’île sur laquelle elle a trouvé refuge depuis plusieurs mois car les zombies comment à y accoster. Elle rejoint donc le continent pour un long road-trip qui la mène de communauté en communauté, le plus souvent accueillantes.

Ainsi arrive-t-elle dans un vaste complexe fait de quatre tours dans lesquelles vivent des centaines d’humains. Dont un particulièrement saoul et entreprenant que la jeune fille tue en se défendant. C’est que Temple n’est pas sans ressources, on apprendra peu à peu au court du roman que née dans un monde de zombies, elle a  appris à se défendre. Elle doit fuir la vengeance d’un frère qui se jure de la tuer. Il va inlassablement la suivre de ville en ville, ils vont même se sauver la vie l’un l’autre sans qu’il perde de vue son désir de la tuer lui-même de ses propres mains.

Grâce au présent de narration, le lecteur prend tout de suite place aux côtés de Temple, il la suit dans son lent cheminement et la découvre peu à peu : orpheline, elle a perdu celui qui lui tenait lieu de frère, ainsi qu’un oncle de substitution.  Elle ne possède rien, a perdu tout attachement et sait que l’affection ne vaut rien dans un monde perdu pour l’humanité. Plutôt que de se terrer dans une communauté, qu’elle soit à l’échelle d’une famille ou d’une ville entière, elle préfère tracer la route, vivre et se battre. C’est un personnage intéressant, dur et volontaire.

Comme pour tous les romans américains plus ou moins post apocalyptique publiés depuis quatre ans, « La Route » est évoquée en quatrième de couverture, bien que la tension et l’émotion n’atteignent pas du tout la même intensité. On y retrouve au mieux la solitude et l’environnement hostile, le terrible fardeau de la survie. Ce roman manque d’intensité pour être vraiment aussi fort qu’il le pourrait. Certains aspects m’ont semblé par trop édulcorés, comme ces communautés toujours ouvertes à de nouveaux venus alors qu’on ne sait pas de quoi elles vivent. Pas vraiment l’ambiance hyper réaliste et violente d’une série comme « Walking Dead » par exemple ; ici, les méchants ce sont les zombies. Dommage par exemple que la famille Grierson ne donne pas Maury à manger au paternel enfermé dans la cave, ça aurait été bien plus cynique. Mais pas moral, c’est certain.

Les faucheurs sont les anges (2010), Alden Bell traduit de l’américain par Tristan Lathière, Bragelonne, avril 2012, 281 pages, 18€

Par Sandrine Brugot Maillard - Publié dans : Livres
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Vendredi 4 mai 2012 5 04 /05 /Mai /2012 00:00

Carriger-1.jpgLes créatures surnaturelles ne vivent plus cachées mais à la vue de tous depuis plusieurs siècles. La reine Victoria bénéficie même d’un conseiller vampire et d’un autre loup-garou, en plus de son Premier ministre. Les relations entre humains et non humains, ainsi que la vie sociale de ces derniers, sont strictement règlementées par « l’estimable Bureau du registre des non-naturels », le BUR. Dirigé par le taciturne comte Maccon, loup-garou de son état, mâle Alpha à la tête de la meute du château de Woolsey. Humains et non humains sont en bons termes. Apparemment.

Est-ce un hasard si le comte est présent au moment où miss Alexia Tarabotti a besoin d’aide ? Car aussi délurée et débrouillarde soit-elle, cette vieille fille de vingt-six ans se trouve dans l’embarras quand elle assassine par erreur, d’un coup d’ombrelle mortel, un vampire dans une bibliothèque. Certes, il l’avait attaquée sans lui être présenté, mais quand même, le châtiment est par trop radical. Car la ruche de Westminster, là où sont élevés les vampires de la capitale ne va pas être contente, ce qui risque de troubler la paix entre créatures surnaturelles. On se demande bien ce qui a pris ce vampire : comment ne savait-il pas que miss Tarabotti est une paranaturelle, à savoir une sans âme qui annihile l’état surnaturel et donc les pouvoirs de celui qui la touche ? Qui était-il d’ailleurs ce vampire, personne ne semble le connaître, même pas la reine de la ruche ?

C’est sûr cette très maigre intrigue que se construisent trois cents pages de roman, autant dire que le sujet est ailleurs : miss Tarabotti va-t-elle se faire lord Maccon ? Ou sa variante : lord Maccon va-t-il se faire miss Tarabotti ? Bien sûr, c’est plus drôle, plus victorien donc faux-cul et maniéré et très très féminin. La silhouette, les chapeaux, la confidente… la langue de lord Maccon et ses effets calorifères. Et ses dents grâce auxquelles il grignote la tendre peau de miss Tarabotti qui s’indigne pour la forme et apprécie dans le fond les pratiques de ce lord terriblement mal élevé, pensez donc, un Ecossais !

Ce qui distingue cette série de la bit-lit traditionnelle, c’est le cadre victorien qui impose à la parade amoureuse tout un cadre de codes et de bonnes manières que ce couple terriblement mal assorti s’emploie à contourner. La transgression les plonge dans toutes sortes de situations plutôt drôles, un peu plus chaudes inconvenantes à chaque fois. Le franc-parler de miss Tarabotti et la rudesse de lord Maccon ne sont pas non plus pour rien dans l’humour de ce roman sympathique.

 

Le Protectorat de l’ombrelle / 1 : sans âme, Gail Carriger traduite de l’anglais (américain) par Sylvie Denis, Orbit, janvier 2011, 16,50€

Par Sandrine Brugot Maillard - Publié dans : Livres
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Dimanche 29 avril 2012 7 29 /04 /Avr /2012 17:00

Buchanan-1.jpgLe Saint Ordre de Mann a pris le pouvoir à la suite d’un coup d'Etat et depuis cinquante ans, son Empire ne cesse de s’accroître à force de guerres et de conquêtes. Le culte mannien est devenu religion d'Etat et le Saint Patriarche fait figure de potentat. Pour l’heure, il s’agit d’une Sainte Matriarche, pas moins cruelle ni ambitieuse. Elle souhaite que son fils Kirkus lui succède à la tête de l’empire de Mann. Mais tout à son oisiveté insouciante et sanguinaire, Kirkus a capturé puis tué une jeune fille placée grâce à un sceau sous la protection des Rōshuns. Et quand un porteur de sceau meurt assassiné, un Rōshun se lance à sa poursuite pour en tirer vengeance par la mort.

 

Une présentation de ces tueurs redoutables : « Alors que le Saint-Empire de Mann impose partout sa loi et sa religion maléfique, un ordre respecté et craint de guerriers perpétue une ancienne tradition. Gardes du corps, mercenaires, assassins… les Rōshun sont tout cela et plus encore : ceux capables de s’offrir leurs services bénéficient d’une protection presque parfaite. Si l’on attente à la vie d’un de leurs clients, ils iront jusqu’a parcourir le monde pour trouver et punir le coupable. Ils sont la promesse d’une mort certaine, un bouclier symbolique mais des plus efficaces, car rares sont les audacieux cherchant à les mettre au défi. »

 

Les trois Rōshuns envoyés pour tuer Kirkus sont assassinés avant d’accomplir la vendetta, le jeune homme étant étroitement protégé. C’est donc Ash, le meilleur des Rōshuns, mais aussi le plus vieux, qui part pour Q’os, la capitale de l’Empire. Il est accompagné de Niko, son apprenti et de Baracha, Rōshun lui-même, ami envieux de la gloire d’Ash. Baracha est accompagné d’Aléas son apprenti et de sa fille Serèse.

 

Le récit alterne entre les différents personnages. Le lecteur suit plus particulièrement le jeune Niko qui au début du roman est contraint de voler pour ne pas mourir de faim. Il s’introduit dans une auberge, mais c’est à Ash qu’il s’en prend, et même si ce dernier est amoindri par de terribles maux de tête, il n’en déjoue pas moins les plans du jeune voleur. Contraint de prendre un apprenti, Ash choisit Niko. Il le sort de prison et l’emmène dans un lieu où il fera son apprentissage d’assassin. Là, Niko se lie d’amitié avec Aléas et Serèse. Le lecteur suit également Kirkus, jeune prince impudent qui dispose des vies humaines à sa guise, et sa mère, la Sainte Matriarche dont les plans de conquêtes vont bon train. Bahn lui vit à Bar-Khos, une de ces cités qui résistent encore à l’invasion de Mann. Pour combien de temps ?

 

Ce premier tome présente un mélange de différents univers de fantasy qui mis ensemble le sortent de l’ordinaire du genre (sans qu’il représente pour autant un sommet d’originalité). Le côté fantasy guerrière domine avec une secte d’assassins d’élite, un guerrier solitaire, pas mal de combats (puisque ce monde est en guerre depuis des décennies) et quelques massacres ici et là. Le tout dans une ambiance très urbaine. Le volet initiatique est aussi présent à travers le personnage de Niko, qui n’est ni orphelin ni détenteur de pouvoirs magiques, ouf. Le tout relevé d’une touche de steampunk, avec aéro-nefs et poudre à canon dans un univers plutôt médiéval.

 

Si Niko correspond globalement aux codes du jeune héros, Ash est plus intéressant parce que vieux, sur le déclin. C’est de plus un Farlander, un homme des lointains, un Noir : c’est assez rare pour être signalé. J’espère qu’on en saura plus sur lui et son passé dans les tomes suivants. Les autres personnages secondaires auraient cependant gagné à être plus nuancés. C’est le contexte qui m’a finalement le plus intéressée : l’expansion de l’Empire, la résistance de Bar-Khos et les tractations de la Sainte-Matriarche. Et les assassins bien sûr, les assassins, de plus en plus présents en fantasy.

 

Le cœur du monde – 1 : Farlander (2010), Col Buchanan traduit de l’anglais par Emilie Gourdet, Bragelonne, juin 2011, 481 pages, 22€

Par Sandrine Brugot Maillard - Publié dans : Livres
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  • : fantastique fantasy science-fiction Littérature
  • : Chroniqueuse littéraire, formatrice et membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire, j'anime Mes Imaginaire depuis janvier 2004 (sur Overblog depuis avril 2008).
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