Samedi 23 février 2008
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Parmenion est un sang-mêlé : Spartiate de père et Macédonien de mère, il est rejeté par les autres jeunes gens qui
s'entraînent pour entrer dans l'armée, l'armée spartiate bien sûr, attendu que "aucun autre soldat au monde n'est plus brave que le Grec […] et que les Spartiates sont les plus grands de tous
les Grecs", en particulier depuis la victoire des Thermopyles durant laquelle une poignée de trois cents soldats tint tête aux envahisseurs perses. Il a beau être le meilleur, battre le
neveu du roi lui-même, il ne parvient pas à se faire accepter le malheureux, juste à se faire des ennemis qui l'attendent à la sortie. Quand il rencontre Dérea, il se dit que finalement, il
ferait un bon père de famille, mais manque de bol elle est, hasard des hasards, la nièce du roi et donc la sœur de celui qu'il a humilié : ça va pas être facile… Surtout qu'ils couchent ensemble
alors qu'elle est promise à un autre, qui va être très fâché et la sacrifier à Cassandre c'est-à-dire la jeter pieds et poings liés à la mer. Parmenion décide de fuir Sparte pour Thèbes, cité
ennemie et de l'aider à s'insurger contre la présence spartiate sur ses terres. C'est tout bénef pour Thèbes qui, une foi affranchie du joug militaire, peut se livrer à la conquête. Sur quoi
Parménion rencontre un certain Philippe qui n'est encore pas grand chose mais qui à force de morts et de bannissements deviendra bientôt roi de Macédoine. Parallèlement à l'ascension de
Parmenion, la Mort des Nations, nous est contée l'histoire d'une vieille qui semble le veiller ou le surveiller, éliminer ses ennemis ou ses amis à force d'incantations et de formules magiques.
On comprend peu à peu qu'elle œuvre pour empêcher la naissance du seigneur du Chaos. D'autres forces antagonistes agissant à son encontre, elle n'y arrivera qu'à moitié et Alexandre, fils de
Philippe (enfin d'après ce que l'Histoire a retenu) sera un enfant de l'Ombre et de la Lumière.
On ne peut que reconnaître à David Gemmell la précision de sa documentation, de ses sources et le soin qu'il met à reconstituer la vie des jeunes Spartiates du IVème siècle avant J.C.
L'entraînement, l'effort, les privations, la vie proprement spartiate : pas de doutes, il a potassé son sujet. De même, les amateurs retrouveront avec plaisir les scènes de batailles, ici
grandioses vu le nombre de combattants. Malheureusement, les personnages ne sont pas à la hauteur des enjeux du roman. Ils frôlent quasi tous la caricature, quand ils ne tombent pas les deux
pieds dans la fosse aux clichés : "une adolescente de treize ou quatorze ans [qui] portait une tunique blanche toute simple, au travers de laquelle il voyait nettement la forme de ses seins
parfaits […]. Ses jambes étaient lisses et bronzées, sa taille fine et ses hanches voluptueuses […], ses grands yeux gris et [son] visage d'une beauté incomparable. Elle avait passé la main dans
ses cheveux blonds aux reflets roux. Parménion avait eu l'impression que les rayons du soleil venaient se perdre dans ses boucles qui scintillaient telles des pierres précieuses". Ben oui,
on ne rit pas, c'est le portrait de Dérae, c'est l'héroïne et elle se doit de répondre à certains… critères. Appréciera qui veut. Pour ma part, il me fut difficile de progresser dans une lecture
où les personnages agissent souvent de façons incongrues, qui ne correspondent pas au caractère qui a été brossé auparavant et qui sont animés de sentiments primaires. Leur psychologie est
réduite à quelques archétypes qui ne facilitent pas l'empathie. L'ascension de ce grand strategos ne le conduira certes pas au firmament des personnages littéraires, au mieux le lecteur
goûtera-t-il un dépaysement cher payé.
Mots-clés : mythologie gréco-romaine
De David Gemmell sur ce blog : Troie / 1 -
Dark Moon - Rigante / 1
Le Lion de Macédoine (1990), David Gemmell traduit de l'anglais par Eric Holweck, Mnémos, août 2007, 430 pages, 24
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