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avatar-blog160 Bienvenue dans Mes Imaginaires, les chroniques littéraires de Sandrine Brugot Maillard depuis janvier 2004. Chroniqueuse littéraire, formatrice et membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire, je ne traite ici que de littératures de l'Imaginaire.

Bibliothécaire en disponibilité, je suis aujourd'hui formatrice et animatrice de débats, tout genre littéraire confondu.

Dimanche 16 janvier 2005 7 16 /01 /Jan /2005 12:41

Lebbon.jpgPar une nuit obscure recouverte de neige, Dan et Megan, accompagnés de leur fille Nikki, dix-sept ans, regagnent lentement leur maison isolée dans la campagne. Un homme, Brand, fait du stop sur le bord de la route : ils le font monter dans leur véhicule. Aussitôt, la tension monte et l'atmosphère change dans la voiture. Chacun se sent assailli par une force étrangère et incontrôlable. Megan chasse l'auto-stoppeur de la voiture. Dès lors, chacun ressent des sensations qu'il a toujours voulu se cacher, aperçoit des ombres furtives, se dévoile à lui-même des pensées enfouies.
L'angoisse s'installe doucement au cœur de chacun des personnages. Dan, le père, qui vit dans la culpabilité lancinante de ne pas être à la hauteur ; Megan, la mère, jadis agressée par un sadique, frôle de loin en loin la folie mystique ; Nikki, la fille, s'abandonne avec une attirance morbide aux charmes délétères de celui qui incarne ses fantasmes les plus débridés. Brand déclenche le ça refoulé des membres de cette famille heureuse qui vole tout à coup en éclat.

Tout le roman n'est donc qu'un minutieux parcours psychologique, l'évolution attentive des transformations malsaines qui s'opèrent chez les protagonistes. Les quelques longueurs et répétitions contribuent à alourdir l'atmosphère et procèdent de la dynamique narrative. Mais Tim Lebon ne parvient pas vraiment à nous faire frissonner de terreur. Quand au final, Brand déchaîne toute sa fureur, je n'arrive pas à vraiment prendre fait et cause pour les personnages, à craindre pour eux, à compatir (partager la souffrance). Peut-être ne bénéficient-ils pas au départ d'une épaisseur psychologique suffisante. Peut-être les enjeux ne sont-ils pas assez cruciaux. Le visage du mal est le premier roman traduit en français de Tim Lebbon, né en 1969 ; gageons qu'il deviendra un grand du thriller d'épouvante fantastique.

Mots-clés : horreur


Le visage du mal (Face, 2001), Tim Lebbon traduit de l'anglais par Thierry Arson, Fleuve Noir (Thriller fantastique N°9309), novembre 2004, 341 pages, 7,50€

Par Sandrine Brugot Maillard - Publié dans : Romans adultes
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