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avatar-blog160 Bienvenue dans Mes Imaginaires, les chroniques littéraires de Sandrine Brugot Maillard depuis janvier 2004. Chroniqueuse littéraire, formatrice et membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire, je ne traite ici que de littératures de l'Imaginaire.

Bibliothécaire en disponibilité, je suis aujourd'hui formatrice et animatrice de débats, tout genre littéraire confondu.

Lundi 25 juin 2012 1 25 /06 /Juin /2012 00:00

Comme pour les précédentes bandes dessinées de l'illustrateur Jean-Baptiste Andréae (Mangecoeur et La Confrérie du crabe, toutes deux avec Mathieu Galié au scénario), on commence par regarder, par se perdre dans ce magnifique univers aux couleurs lumineuses, aux personnages étranges. Créatures improbables, « tronches » saisissantes et décors surréalistes posent les bases d’un univers propice au rêve et à l'imaginaire.

Azimut-2.jpgLe scénario, bien sûr, est à l’avenant. Car voilà qu’on a perdu le nord ! Les explorateurs, comme le comte de La Pérue, explorateur royal de son altesse Irénée le Magnanime, roi de Ponduche, s’en reviennent à leur point de départ, croyant avoir trouvé une nouvelle terre ; des poissons volants se fracassent sur la plage, tandis que des oies vertes venues on ne sait d’où, paradent autour de leur cadavre ; jusqu’aux chronoptères migrateurs qui ne savent plus où se rendre…

Le roi Irénée est lui aussi bien embêté : il a trouvé une fiancée, la très belle et très sexy Aïcha, mais voilà qu’un peintre à moitié mort noyé l’accuse d’être une catin, une menteuse volage et une vulgaire voleuse de crônes, vieille monnaie sans valeur. Serait-ce l'affreuse vérité ?

Azimut-3.jpgLe major Oreste Picote lui n’en doute pas, puisqu’il est à la recherche de la voleuse. Accompagné d’un lapin blanc qui parle (Polo, ci contre), un saugre, il rencontre Aristide Breloquinte au moment une clepsigrue pond un œuf qui selon toute probabilité doit contenir un saugre. Le vieil homme est une sorte de savant farfelu qui étudie les chronoptères : abeille rétromèle (dont le miel permet de revivre un souvenir oublié), mouche gobe-temps (parasite qui requiert fixement l’attention) ou libellule mémorantèle (capable de capturer un reflet)… bref, les caprices du temps incarnés en créatures fantastiques.

Si on avait affaire au premier volume d’une série traditionnelle, « Les Aventuriers du temps perdu » devrait poser des jalons, présenter des personnages. Mais foin du rationalisme, on est bien loin de toute logique et proche du non sens, au sens poétique du terme. Le professeur Breloquinte semble détenir plus d’une clé de cette intrigue, mais bien malin celui qui devinera vers où se dirige l’intrigue et pourtant, à peine refermé, on voudrait déjà la suite pour se replonger dans ces pages si oniriques où les détails farfelus foisonnent.

Difficile de ne pas penser à la fantasmagorie de Alice au pays des merveilles ni de céder au charme intrigant de cet univers étrange.

Azimut-1.jpg

Le portrait de Polo vient du blog de Jean-Baptiste Andréae.

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Azimut / 1 : les aventuriers du temps perdu de Wilfrid Lupano (scénario) et Jean-Baptiste Andréae (dessin), Vents d’Ouest, mai 2012, 48 pages, 13.90€

Par Sandrine Brugot Maillard - Publié dans : Bandes dessinées/Mangas
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