Samedi 29 janvier 2011
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Le roman commence sur une scène d’accident : le narrateur ivre au volant est emprisonné dans sa voiture qui prend feu. Il cuit peu à peu puis perd
connaissance. Il se réveille à l’hôpital, brûlé au-delà du troisième degré, peut-être aurait-il mieux valu qu’il meure… Placé en soins intensifs, il ne peut rien faire par lui-même et pense au
jour où il sortira et pourra se suicider.
Mais il reçoit bientôt la visite d’une certaine Marianne Engel qui semble très bien le connaître alors qu’elle lui est
totalement inconnue. Elle lui raconte l’histoire de couples qui ont vécu il y a longtemps, dans l’Italie de la Renaissance ou le Grand Nord médiéval, et qu’elle semble avoir rencontrés. Elle lui
explique alors qu’elle a plus de sept cents ans et qu’ils ont tous deux fait connaissance au Moyen Age en Allemagne, alors qu’elle vivait depuis sa naissance dans un béguinage et que lui était
mercenaire.
En un roman, on a donc droit a plusieurs belles histoires d’amoooooouuuur… c’est donc déjà beaucoup, mais en plus,
l’intrigue est désespérément plate : Marianne enchaîne les récits, le lecteur (et le narrateur) s’interroge sur sa santé mentale, mais (je suis désolée de l’avouer mais ça évitera
certainement aux curieux comme moi de se casser les dents) on ne saura pas si cette fille est une schizophrène terriblement érudite ou bien si l’auteur prend vraiment la voie du
fantastique.
Certains passages sont terriblement longs (je trouve très souvent longues les belles histoires d’amoooooouuuur…) mais
il faut quand même saluer le travail historique de l’auteur. Très visiblement, Andrew Davidson s’est beaucoup documenté, notamment sur l’Allemagne médiévale, la vie dans un béguinage et
l’atmosphère religieuse de l’époque (et parce qu'il n'y a pas que la SF dans la vie, j'ai moi-même jadis travaillé sur une béguine belge, d'où mon intérêt pour ce livre). Il restitue ses
recherches sans lourdeurs, avec un naturel romanesque tout à fait convaincant si ce n’est la longueur du propos. Il ne fait par contre pas de même avec son érudition littéraire et nous colle un
passage aux enfers dantesques aussi inutile qu’interminable.
Autre point positif : l’évolution du narrateur qui avant son accident était un homme prétentieux,
insouciant, égoïste et star du cinéma porno. Il ne comptait que sur son physique et son sexe, et il a perdu l’un et l’autre dans l’accident. Et cet homme qui n'a jamais connu l'amour le rencontre
quand il croit qu'il n'est plus rien... ce type-là m'a émue... et rassurée : j'ai un coeur finalement...
Les âmes brûlées (2008), Andrew Davidson traduit de l'anglais (Canada) par Natalie Zimmermann, Plon, 2009,
502 pages, 22 €