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avatar-blog160 Bienvenue dans Mes Imaginaires, les chroniques littéraires de Sandrine Brugot Maillard depuis janvier 2004. Chroniqueuse littéraire, formatrice et membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire, je ne traite ici que de littératures de l'Imaginaire.

Bibliothécaire en disponibilité, je suis aujourd'hui formatrice et animatrice de débats, tout genre littéraire confondu.

Bandes dessinées/Mangas

Lundi 17 juin 2013 1 17 /06 /Juin /2013 11:00

Ys-couv.jpgLe roi Gradlon a quitté la Bretagne avec de nombreux navires. Alors qu’ils sont à court de vivres, ils aperçoivent enfin les côtes d’une île habitée, entourée de brume. Qui ressemble étrangement à celle qui hante les rêves de Gradlon, avec son imprenable citadelle, sa mystérieuse poterne pour laquelle tant de ses hommes sont morts, en rêve. Et voilà que jour après jour, ces mêmes guerriers se ruent à l’assaut et meurent les uns après les autres, et ce n’est plus un rêve. Gradlon s’obstine mais ses hommes renoncent, l’abandonnant sur cette île. Seul.

C’est alors que la reine Magdalen lui ouvre la petite poterne et le fait pénétrer dans la ville mystérieusement plongée dans le sommeil. Sous le charme envoutant de la belle jeune femme, il accède à sa demande et tue le roi son mari. Aussitôt, les deux amants fuient l’île à bord d’un vaisseau pour un voyage de plusieurs mois. Gradlon se remémore son crime mais le charme de Magdalen le lui font oublier, d’autant plus qu’elle tombe enceinte et qu’une île apparait enfin au loin. C’est sur cette île que naîtra la princesse Dahut, dont Gradlon devra s’occuper seul, après la disparition subite de Magdalen et de ses suivantes.

Ys-planche-2.jpgRodolphe au scénario a choisi de retracer la légende de la ville d’Ys depuis ses origines premières, avant même la naissance de la princesse Dahut qui demanda à son père de la construire. Le scénariste s’est servi des versions les plus récentes du mythe pour donner une ascendante féérique à la princesse Dahut. Sa mère, Magdalen, apparait ici comme une très belle femme maléfique et sensuelle, une sorcière.

Dès lors, la narration offre une version intégrale de la légende, magnifiée par le dessin de Raquel Alzate, dessinatrice espagnole que je découvre ici (déjà illustratrice de La Croix du Sud, avec Luis Duràn au scénario, autre bédéiste espagnol), qui manie très bien la brume et le clair-obscur. Son trait sombre sert aussi bien les scènes maritimes que les scènes de combat, les cotes sauvages et les scènes intimes. Car ce premier album de la série joue sur de nombreux registres : batailles, océan, intimité, forêts…

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Le roi Gradlon incarne à lui seul toute la démesure de l’homme assoiffé de victoires et de sang, soumis à l’amour d’une reine, amant endeuillé et père désemparé, enfin simple mortel guetté par la folie.

Le scénario de Rodolphe permet de relire cette célèbre légende sur un mode plus humain. En plaçant au centre de ce premier tome un Gradlon manipulé, désemparé, qui ne comprend pas qu’il est le jouet de forces mystérieuses (dont on ne sait d’ailleurs rien), le scénariste lui confère une faiblesse qui le rend attachant. Un roi guerrier oui, mais aussi un homme et bientôt un père. Le tout dans une ambiance onirique très bienvenue.

Mots-clés : Espagne - mythologie celtique

De Rodolphe sur ce blog : Sprague

 

La ville d’Ys – 1 : la folie Gradlon, Rodolphe (scénario) et Raquel Alzate (dessin), Dargaud, juin 2013, 48 pages, 13.99€

Par Sandrine Brugot Maillard - Publié dans : Bandes dessinées/Mangas
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Jeudi 13 juin 2013 4 13 /06 /Juin /2013 15:00

 

Elfes-2-couv.jpgYfass, elfe des bois ramène Llali  au sein de son clan. Au cours d’un affrontement avec les orks, cette femme lui a sauvé la vie grâce à un don qu’elle ignorait détenir : elle est entrée en communion avec l’esprit de la dame et la magie des anciens blancs, un savoir jadis commun aux elfes et aux hommes (les feljs). Mais les druides sont morts, les hommes ont proliféré, détruisant les forêts au détriment des elfes. Les deux races sont désormais ennemies. Yfass pense que Llali peut devenir druidesse, bien que toutes les lois s’y opposent. Llali, venue chercher l’aide des elfes pour son peuple accepte de recevoir cet enseignement, pour le bien de tous.

Pendant qu’Yfass conduit la jeune humaine auprès des sages de la forêt de Daëdenn, la cité-état d’Eysine est assiégée par les orks mercenaires, le roi ne trouvant aucun partisan car les cités de l’archipel se sont alliées contre lui pour mettre la main sur le détroit du croc. Le roi ne peut compter que sur sa fille Llali qui essaie de persuader Ydrass d’entrer en guerre contre les cités-états de l’archipel qui ne pensent qu’au profit sans respecter les traditions anciennes ni les lois de la forêt.


« Il est dans la nature des hommes de vouloir posséder. »


Les elfes des bois doivent se protéger des hommes, de leur cupidité, de la destruction qu’ils sèment. Mais se dessine peu à peu un autre discours, loin des haines ancestrales, par delà les mensonges : celui de l’alliance entre hommes et elfes, sur fond d’écologie.

Aux couleurs sombres des cités-états s’opposent celles, lumineuses, des forêts elfiques. C’est sur un château en ruine que se lève enfin le soleil pour unir les deux univers.  Nicolas Jarry écrit une fable sur la tolérance et l’union, contre les esprits partisans et le racisme. Pour autant, la mise en forme est loin d’être naïve et s’appuie au départ sur une alternance de récits, brillamment mis en case pour ne pas gêner la compréhension. Il est beaucoup question de guerres, d’alliances, d’intérêts et de savoir anciens, toutes choses explicitées dans des passages denses qui font la complexité et la richesse de cet opus.

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L’honneur des Elfes sylvains, c’est aussi une belle mise en scène de l’héroïsme, du courage et de l’esprit de sacrifice. Llali et Yfass sont deux beaux personnages portés par leurs idéaux mais pas pour autant bornés. L’elfe s’avère moins caricatural que la musculeuse couverture pourrait le laisser prévoir. Ils avancent tous deux contre les préjugés de leur race, faisant ainsi figures de héros sans en revêtir les travers (même s’ils en ont la plastique).

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Le graphisme est souvent minutieux (les scènes de combats, la luxuriance des forêts), parfois trop naïf (les scènes en sépia, les orks, les visages trop ronds, les cornes de cerf du maître de chasse) mais globalement convaincant. Certaines planches comportent beaucoup de textes mais l’agencement des cases donne un rythme à ce qui aurait pu être fastidieux. Les récits, sous forme de dialogues, coulent de source et se fondent aux majestueux décors.

On se perdra donc dans ces forêt avec autant de plaisir que dans les mers du tandem Istin / Duarte qui ouvrait cette belle série consacrée aux différentes races d’elfes.

 

Voici le calendrier de parution de tous les tomes de la série :

1 –  Le Crystal des Elfes bleus (Istin & Duarte), 27 février 2013
2 – L’Honneur des Elfes sylvains (Jarry & Maconi), mai 2013
3 – Elfe blanc, cœur noir (Péru & Bileau), août 2013
4 – L’Elu des semi-Elfes (Corbeyran & Bordier), octobre 2013
5 – La Dynastie des Elfes noirs (Hadrien & Yi), janvier 2014

 

Mots-clés : bestiaire fantastique

 

 

Elfes - 2 : l'honneur des Elfes sylvains, Nicolas Jarry (scénario) et Gianluca Maconi, Soleil, mai 2013, 56 pages, 14.30€

Par Sandrine Brugot Maillard - Publié dans : Bandes dessinées/Mangas
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Lundi 3 juin 2013 1 03 /06 /Juin /2013 09:00

Coeur de pierre 2

Coeur Tourner les pages de ce très bel album est déjà un enchantement. Jérémie Almanza mêle noirceur et lumière dans des contours flous pour des personnages aux physiques improbables mais attendrissants. Lire l’histoire de ces trois enfants en est un autre, celui d’un drame tendre écrit en alexandrins.

Voilà que naît un enfant au cœur de pierre, qui n’aimera ni ne sourira jamais, diagnostiquent les médecins. Accablés, ses parents ne s’occupent pas de lui et il grandit sans amour. Le même jour naît une petite fille au cœur d’artichaut qui elle aime sans compter et qu’on aime sans retenue. Leurs routes vont se croiser :


Ce fut un coup de foudre, elle aima tout de lui :
Les rides sur son front, ses yeux tristes et sans vie.
Elle fut envahie d’une étrange douceur,
Sentit ses joues rosir et ses genoux trembler,
Tandis que doucement des frissons de chaleur
Parcouraient sa peau claire. Elle n’osait bouger.


Mais bien sûr, l’enfant au cœur de pierre est insensible à toutes ces manifestations, il ne la voit même pas. Heureusement passe par là un enfant au cœur d’or…

Quelle belle histoire, douce et simple, jamais mièvre. C’est une histoire qui dit qu’on ne peut aimer si l’on ne l’a jamais été, que l’amour est aussi important à la constitution d’un enfant que le boire et le manger. Mais qu’il peut s’épuiser aussi à n’être pas payé de retour et qu'on peut en mourir...

Le graphisme magnifique de Jérémie Almanza nous plonge dans un onirisme sombre, proche de l’univers de Tim Burton et les petits personnages portent leurs sentiments sur leur visage, au plus près des émotions. La terrible solitude du Cœur de pierre rencontre la lumineuse joie de vivre du Cœur d’artichaut, et on se prend à espérer un miracle, le miracle de l’amour, car sur le dessin, le temps de quelques cases, le froid et le chaud se marient à merveille…

Coeur de pierre 1

C’est beau et triste à vous arracher le cœur, comme l’amour avec un grand A.

Mots-clés : contes

 

Cœur de pierre, Séverine Gauthier (scénario) et Jérémie Almanza (dessin et couleur), Delcourt, avril 2013, 32 pages,9.95€

Par Sandrine Brugot Maillard - Publié dans : Bandes dessinées/Mangas
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Samedi 18 mai 2013 6 18 /05 /Mai /2013 00:00

Les elfes ont la primeur cette année de lancer la première série-concept de chez Soleil : un univers pour plusieurs récits, cinq en tout. Chaque tome est confié à un tandem scénariste-illustrateur différent. Pour ce tome d’ouverture, c’est Istin, co-créateur de la série (avec Nicolas Jarry)  et l’illustrateur espagnol Kyko Duarte. Et c’est une réussite.

Le lecteur suit en parallèle deux récits, celui de Lanawyn et celui de Vaalann, toutes deux elfes bleues, c’est-à-dire elfes des mers.  Lanawyn et Turin, de la race des hommes, arrivent à Ennlya, ville elfe très retirée.

Elfes 1 planche 2

Ils découvrent tous les habitants massacrés. L’un des corps est encore transpercé d’une dague d’origine yrlanaise. Tout semble donc accuser ce peuple d’hommes sauvages, farouches ennemis des elfes. Lanawyn et Turin vont mener l’enquête et se rendre près du roi Rinn de la tribu des Walkers. L’elfe risque ainsi sa vie mais elle ne veut pas accuser les Yrlanais à tort. Le roi se montre très provocant, et Siemir son conseiller ne cherche qu’à attiser sa haine envers les elfes.

De son côté, la jeune Vaalann va consulter la mère-prophétesse pour connaître son avenir. Cette dernière lui annonce qu’elle sera la gardienne du crystal bleu jadis créé par l’elfe Ulronn qui devint fou de puissance à cause de cette pierre magique. L’elfe Aamnon et le mage Nelyr parvinrent à placer le crystal sous l’océan pour que personne ne l’utilise sans en être digne. Vaalann parvient à le récupérer : elle devient la gardienne du crystal bleu, celle qui fera sortir les elfes de l’âge obscur et réunira les tribus en un même clan. Sa puissance est immense. Alors que les guerriers yrlanais assaillent l’île d’Elsemur, Vaalann est à même d’aider les siens.

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Elfes-1-planche-1.jpg Bien sûr, le lecteur se demande ce que ces deux histoires ont en commun. Il tourne donc les pages avec un intérêt toujours soutenu pour l’intrigue, mais avant tout conquis par le graphisme de Duarte, vraiment somptueux. Il maîtrise aussi bien les cases rapprochées en gros plans que les planches où s’inscrivent de vastes paysages enneigés ou maritimes. Les lignes sont pures, les couleurs chaudes et quelques tronches retiennent l’attention et font oublier les traits un peu trop lisses et classiques des elfes. Certains dessins fourmillent de détails pour les coiffures ou les costumes par exemple. A l’occasion on croise quelques orks, affreux à souhait.

Dans ce monde celtique et marin, Istin est comme chez lui et joue aisément avec les traditionnelles rivalités entre races fantastiques. On imagine que les tomes suivants présenteront les autres elfes ainsi que les autres cristaux, sans savoir si les personnages créée ici réapparaitront.

Quoi qu’il en soit des autres volumes de la série, celui-ci se lit indépendamment et mêle à merveille la ligne narrative dédiée à l’enquête et celle en forme de récit initiatique pour aboutir à un complot d’envergure, machiavélique et magique à souhait.

 

Voici le calendrier de parution de tous les tomes de la série :

1 – Le crystal des Elfes bleus (Istin & Duarte), 27 février 2013
2 – L’honneur des Elfes sylvains (Jarry & Maconi), mai 2013
3 – Elfe blanc, cœur noir (Péru & Bileau), août 2013
4 – L’Elu des semi-Elfes (Corbeyran & Bordier), octobre 2013
5 – La Dynastie des Elfes noirs (Hadrien & Yi), janvier 2014

 

Mots-clés : bestiaire fantastique - Espagne

 

Elfes - 1 : Le Crystal des Elfe bleus, Jean-Luc Istin (scénario), Kyko Duarte (dessin), Saito (couleurs), Soleil, février 2013, 54 pages, 14.30€

Par Sandrine Brugot Maillard - Publié dans : Bandes dessinées/Mangas
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Dimanche 10 mars 2013 7 10 /03 /Mars /2013 07:00

Prêt pour le voyage dans le temps ? Voyage à la fois intersidéral dans l’Empire des Etoiles, mais aussi dans la bande dessinée d’hier.

Au début des années 50, Paul, simple employé new-yorkais, est en contact avec le prince Zarth Arn, qui vit 121 000 ans plus tard, dans l’Empire des Etoiles. Ses employeurs découvrent que Paul dessine des cartes étranges, représentant des centaines de systèmes planétaires, et gribouille à l'infini des tableaux d’interactions entre différentes zones d’influences impériales… : ils lui conseillent de se faire soigner et il entame une psychanalyse.

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Remontant le temps dans le cabinet du docteur Jensen, il explique que depuis ses premières lectures de SF il a compris que ces textes prédisaient l’avenir, que « l’avenir de l’humanité se dévoilait dans des romans à deux sous ». Dès lors, ils ne sont plus que des prophéties et les divers héros l’image d’un seul : Zarth Arn, le héros aux mille visages, celui qui réunifia l’empire. C’est ce prince qui propose à Paul, jeune adolescent, d’étudier l’Histoire avec lui, pour qu'ils  retracent ensemble les milliers d’années qui les séparent. Dès lors, Paul cultive une relation exceptionnelle et unique avec ce personnage d’un autre temps.

Mais bientôt, Paul est invité par Zelbub, spécialiste de l’esprit humain mais aussi grand manipulateur qui cherche à travers Paul à prendre le contrôle de l’esprit de Zath Arn et à percer les secrets militaires de l’empire. Zelbub prend possession de l’esprit de Paul et le destin de Zath Arn bascule : de héros, il devient traitre.

Un des petits plaisirs en lisant ce genre de bande dessinée, c’est bien sûr de chercher les références, les clins d’œil. Pour le coup, il faut être féru de cette science-fiction de l’Age d’Or, celle des pulps et des empires galactiques à tout cassé.

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L’empire de l’Atome, inspiré de Van Vogh, a des airs de dynastie romaine, il cultive comme il se doit complots et trahisons. Zarth Arn, un prince de l'empire galactique qui vit 200 000 ans dans le futur a été imaginé par Edmond Hamilton dans « Les rois des étoiles » (1947). Il a échangé son esprit contre celui de John Gordon, petit fonctionnaire new-yorkais, ici notre héros Paul. Toutes les influences sont avouées sur le blog de la BD.

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Graphiquement, « Souvenirs de l’Empire de l’Atome » puise à de nombreuses sources, au premier rang desquelles se hisse la Belgique avec ses Hergé, Spirou, Edgar P. Jacobs et son exposition universelle de 1958 (où se déroule une partie de la BD). Et Spirou, bien sûr. Et je trouve pour ma part à Zelbub des airs de roi Charles V + III = VIII + VIII = XVI de Takicardie (celui du « Roi et l’Oiseau »).

Empire atome couv detail Tous ceux qui se plaisent dans cet univers résolument rétro, celui du tout atomique et d’avant la Lune, se retrouveront ici en terrain familier. Ceux qui ne seraient pas munis des références nécessaires ne s’ennuieront pas pour autant car cette histoire farfelue de télépathie à travers les âges et les galaxies se lit aussi pour ce qu’elle est : une aventure rocambolesque entre espionnage, délire schizophrène et science-fiction débridée.

 

Souvenirs de l’Empire de l’Atome, Thierry Smolderen (scénario) et Alexandre Clérisse (dessin), Dargaud, janvier 2013, 144 pages, 30€

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Samedi 2 mars 2013 6 02 /03 /Mars /2013 00:00

Lors de la prise de Damiette par les Croisés en 1219, beaucoup de combattants, chrétiens et maures, périrent de la peste. Dit-on. En fait, c’est un mal inconnu qui se saisit alors des combattants, une force maléfique issue des catacombes de la ville. Le pape chargea la commission des Mires de comprendre  ce qui advint alors.

Près de trente ans plus tard, les agents du cheikh Ali découvrent que la secte des assassins sévit à Damiette, avant d’être attaqués lors d’une rencontre avec Guillaume de Sonnac, chevalier du Temple et membre de la commission des Mires. Guillaume persuade le nouveau pape d’envoyer une armée à Damiette pour s’emparer du secret de cette secte qui se livre à des cérémonies étranges et alchimiques. Guillaume est fait grand maître de l’ordre du Temple et obtient de commander le Poing du Temple pour cette mission. Laquelle commence au château de Heidelberg en octobre 1244 pour que Guillaume récupère secrètement son frère Gautier de Puységur, alchimiste de son état, prisonnier du comte Othon II de Bavière qu’il a fait cocu.

Il prend la tête d’un groupe de Templiers qui ressemblent assez à des mercenaires qui se détestent et se prennent sans cesse à parti. Ils s’allient à un envoyé du Khan qui lui aussi lutte contre les Assassins, autrement appelés les Ismaëliens, et cherche à Damiette le secret de leur invincibilité. Ensemble, ils empruntent le chemin souterrain immergé que les Templiers empruntèrent en 1219 pour se retrouver dans les catacombes où ils se firent massacrer. Ce qu'il vont y affronter n'est pas beau à voir.

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Le sang gicle, les têtes valsent, les corps sont transpercés, déchiquetés...un déferlement de forces maléfiques permet aux valeureux Templiers de livrer combat. Et ça tombe bien parce que le Templier adore se battre...

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Excellente initiative des Humanoïdes Associés que de publier aussi rapidement après leur sortie l'intégrale des trois volumes de cette série. Volumes inégaux quant au nombre de pages (le premier est beaucoup plus épais que les suivants), mais aussi  quant à l'intérêt proprement historique. Si au départ, l'intrigue est très ancrée dans l'Histoire, la suite se fait assez étrange, et pas seulement en terme d'ésotérisme, ce qui serait approprié. Le dernier volume aurait mérité une fin au moins aussi développée que les premiers. Car Guillaume de Sonnac fait une découverte étonnante, qui explique l'échec de la cinquième croisade et introduit une dimension purement science-fictive à cette trame terriblement historique.

Tout s'enchaîne très vite dans ce dernier volume, ce qui donne certes du rythme à la narration mais bâcle aussi un peu le dénouement. Le dessin est par contre réjouissant de bout en bout avec un graphisme flamboyant au réalisme sanglant, violent, impressionnant. C'est superbe.

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Mots-clés : Moyen Age

 

Crusades, l'intégrale, Izu et Nikolavitch (scénario), Zhang Xiaoyu (dessins), Les Humanoïdes Associés, août 2012, 272 pages, 29.99€

Par Sandrine Brugot Maillard - Publié dans : Bandes dessinées/Mangas
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Lundi 11 février 2013 1 11 /02 /Fév /2013 00:00

Haggarth-2.jpg C’est grâce à la collection « Patrimoine » des éditions Casterman que l’amateur francophone peut enfin découvrir toutes les aventures que l’Espagnol Victor de la Fuente (1927-2010) a consacré au guerrier Haggarth. Deux volumes ont été publiés en 1978 et 1979 dans le magazine « A Suivre », un restait inédit et le quatrième inachevé. Pionnier de la BD d’heroïc fantasy, le sombre héros de de la Fuente revenu d’entre les morts méritait cette intégrale. Il fait en effet figure de précurseur parmi tous les guerriers solitaires et errant dans des univers ténébreux d’inspiration médiévale.

Le premier volume, « Le crâne aux trois serpents » s’ouvre sur Haggarth à la tête de guerriers tuna qui s’en prennent  à un monastère  de moines ghoistes. Ils veulent y récupérer une relique, le crâne aux trois serpents, objet maléfique destiné à provoquer la destruction pour les uns, symbole d’unité pour les autres.

Un vieux colporteur, Matu de Mosa, ramasse Haggarth mortellement blessé et un bûcheron aveuglé au cours de la bataille et les emmène voir la vieille Arnia qui vit dans une autre dimension du temps. Le guerrier meurt en arrivant chez la sorcière, qui ne peut rendre la vue au bûcheron. Mais elle lui propose de voir par les yeux du mort tout en lui promettant une vie de doutes et de tourments. Quand il se réveille, le jeune bûcheron porte le visage d’un ennemi, celui d’Haggarth le chef tuna.

Le Tuna chargé de rapporter la relique volée à son peuple après la mort d’Haggath se la fait voler en chemin par des monstres, commandés par Sombra, qui le laissent pour mort. Le nouveau Haggarth les prend en chasse. Il vainc Sombra et reçoit l’aide des moines (sous la forme d’une épée forgée par les dieux) pour lutter contre  Sombra, créature de l’enfer qui cherche à obtenir tous les pouvoirs (dont celui de dominer le temps) en s’appropriant la relique.

Les enjeux du second volume, « Le jeu d’échecs » sont nettement plus complexes. Certaines cases sont parfois étouffées par la densité du texte. C’est qu’Haggart n’est pas un simple guerrier qui tape sur tout ce qui bouge, il est aussi la proie d’interrogations sur sa nature profonde. Il se trouve pris dans des conflits politiques d’envergure entre les montagnards et le petit mais cruel roi de Thall qui s’acharne contre son peuple pour assurer sa domination. Il s’en prend aux montagnards qui cherchent à fuir. Matu de Mossa s’est allié à eux et demande son aide à Haggarth pour qu’il les conduise en territoire nisse. Mais tout le monde semble avoir besoin du guerrier qui doit trouver où mettre sa loyauté.

Les pérégrinations de Haggarth l’amènent dans le troisième volume (inédit en français) au cœur du bois sacré de Shau défendu par des Amazones, redoutables guerrières gardiennes de la pierre de kanthar. Elles font régner la terreur en châtrant les hommes de leur territoire. Malgré tout, certains téméraires se croyant plus malins s’aventurent sur leurs terres, comme Ethan le bouffon, ami d’Haggarth.

Haggarth-1.jpgPuis enfin, c’est « Vers d’autres contrées » que s’(in)achève cette intégrale, au pays des morts sans tête à la recherche de l’ambre vert aux pouvoirs infinis.

Le noir et blanc profond force d’emblée la comparaison avec d’autres maîtres de l’obscur comme Sergio Toppi, et bien sûr le Conan de John Buscema, son contemporain. Noir flamboyant, précision du trait et des contrastes : le dessin se fait aussi sombre que le scénario, quant à lui très traditionnel. Ce héros né d’un sortilège est en quête de vérité. Il erre dans un monde hostile, violent et ténébreux, combattant sans cesse, déjouant les manigances des puissants. Il tient du cow-boy solitaire, tout autant que de Conan et même d’Elric. Si le personnage d’Haggarth, schizophrène de son état, est original et aussi tourmenté qu’il se doit, les autres protagonistes et l’univers semblent classiques aux lecteurs d’aujourd’hui. Comme tout monument historique, il est à replacer dans son contexte, il y a trente-cinq ans.

Un ouvrage essentiel à tout amateur éclairé et à tous ceux qui souhaitent connaître l’histoire de la BD version heroïc fantasy.

Mots-clés : fantasy guerrière - Espagne


Haggarth, Victor de la Fuente, Casterman, janvier 2013, 218 pages, 27€

Par Sandrine Brugot Maillard - Publié dans : Bandes dessinées/Mangas
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Dimanche 20 janvier 2013 7 20 /01 /Jan /2013 00:00

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Dans un Londres rétro-futuriste où l'écriture est interdite, un monstre de papier sème la panique. Ce papercut a tué le ministre des Finances et personne à City Hall ne comprend d'où il vient. Pas même l'inspecteur chef Carlton Lester, une pointure dans son genre. C'est pourquoi le maire décide de faire appel à un cerveau supérieur : le grand Jules Verne, écrivain français et numérique à l'imagination débordante. Il arrive à Londres accompagné de son ami, Arthur Conan Doyle, "écrivain apprenti qui possède des talents de déduction inouïes" (sic). Le maire, contre l'avis de Lester, remet entre les mains du jeune écrivain l'arme ultime : une plume et du papier, très secrètement gardés. Il peut ainsi faire en sorte que ce qu'il écrit devienne réalité et affronter l'ennemi sur son propre terrain.

Dans ce décor qui ne manque pas de charme graphiquement parlant, l'action a pour cadre un futur plus ou moins lointain dans lequel l'écriture est bannie suite à "une guerre atroce" et à la destruction du stock mondial de papier. En effet, l'homme devenu démiurge grâce à sa création littéraire n'a su créer que guerres et conflits ; il a fallu l'empêcher d'écrire. Désormais, les papercuts sont donc une arme terrible : "robustes, puissants, ils n'ont pour seule limite que l'imagination et la capacité de réflexion de leur créateur". Ce sont des marionnettes obéissantes et plus ou moins complexes selon le talent de leur créateur. La légende raconte même qu'il en existerait d'autonomes, personnages parfaitement semblables aux humains.

Le problème est d'envergure mondiale. C'est pourquoi le président Lincoln envoie à Londres Amelia Earhart, grande aventurière au service du Culper Ring, faire office de garde du corps des deux jeunes enquêteurs de l'étrange. Et elle a beaucoup à apprendre à ces deux blancs-becs qui croient tout savoir.

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Côté contexte, on apprend dans le tome 2 qu'on a affaire à une uchronie : l'usage du papier a été abandonné à la fin du XVIIe siècle  pour le réseau Steam-Net. Sauf que les illustrations du 1er tome ne sont pas celle d'une guerre du XVIIe, la divergence est encore plus ancienne. Mais malgré tout, Jules Verne vint... qui de fait ne devait pas avoir grand-chose à imaginer.

 

Copie-de-City-Hall-planche-2.jpg En plus des personnages déjà nommés, apparaissent également Al Capone, George Orwell, Harry Houdini, Mary Shelley (ci-contre : étonnant, non ?)... Au fur et à mesure de ma lecture, je m'interrogeais : quel intérêt de réunir des célébrités qui n'ont pas vécu à la même époque et qui n'ont pas le caractère qu'ils avaient dans la vie, pour peu qu'on en sache ? Faire fi de la chronologie, soit, mais pourquoi convoquer des personnalités aussi célèbres pour en faire des personnages certes débordants de dynamisme mais à la limite de l'hystérie ? L'ambiance est très juvénile, ça doit être pour ça que je ne m'y retrouve pas : bonnes blagues entre jeunes héros, un brin de drague, scènes de combats et de destruction massive dans les rues de Londres. L'intrigue policière de départ (les Gentils Jeunes Détectives contre le Grand Méchant) est largement débordée par un trop plein d'idées qui ne va pas dans le sens de la cohérence.

J'ai cru à un moment voir pointer une métaphore sur le pouvoir de l'écriture, la puissance créatrice qui se fait destructrice... mais non.

Le graphisme est très réussi, tonique, précis, même quand ça commence à chauffer. Certaines expressions et postures sont typiques du manga et bien maîtrisées, même si parfois un peu trop ce qui fait qu'on n'échappe encore pas à l'aventurière aux gros seins débordants moulée dans son jean. Le mélange Londres début de siècle (Big Ben, hauts-de-forme, voitures pétaradantes...) et technologie avancée confère à ces deux volumes une ambiance steampunk réussie.

En bonus, de nombreux illustrateurs ont dessiné quelques-uns des personnages de City Hall selon leur propre graphisme, ce qui donne une déclinaison sympathique.

Un tome reste à paraître au printemps prochain pour clore la série.

 

Le blog de la série

 

City Hall, Rémi Guérin (scénario), Guillaume Lapeyre (dessin), Ankama, juin et octobre 2012, 7.95€ pièce

Par Sandrine Brugot Maillard - Publié dans : Bandes dessinées/Mangas
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Jeudi 10 janvier 2013 4 10 /01 /Jan /2013 10:30

Zaya-couv.jpgZaya rencontre le succès grâce à ses holo-sculptures. C’est aussi une mère comblée qui élève seule ses jumelles de six ans. Mais Zaya est rattrapée par son passé de tueuse professionnelle. Avant la naissance de ses enfants, elle travaillait pour une organisation intergalactique de tueurs d’élite, la Spirale, qui lui demande de reprendre du service. C‘est que les membres de la Spirale sont les cibles d’un tueur en série qui les élimine les uns après les autres…

Zaya confie donc ses enfants à sa sœur et reprend du service à bord d’un vaisseau pourvu d’une intelligence artificielle qu’elle ne tarde pas à reformater afin d’être tranquille.

Ces deux premiers volumes mettent lentement en place un thriller futuriste qui mêle intimité et action. Morvan prend son temps pour installer son personnage principal, soulignant l’importance de la mère et de l’artiste  avant de montrer la tueuse en action.

La mission de Zaya reste assez mystérieuse, on ne sait après deux volumes qui est le mystérieux tueur de tueurs et pourquoi il s’attaque à la Spirale. On ne sait d’ailleurs pas bien non plus ce qu’est cette organisation.

Ce n’est donc pas le scénario qui retient ici l’attention, mais bien le somptueux dessin du Chinois Huangjiawei qui met en place des univers futuristes vraiment originaux. Les tons sont majoritairement ocres, bruns et sépia et les formes liquides, souples jusque dans les édifices et bâtiments. Huangjiawei développe une architecture foisonnante qu’elle soit spatiale ou terrestre : tout l’espace de la case est occupé, le tentaculaire domine, l’organique se mêle au technologique dans une harmonique étrange. C’est à la fois urbain et onirique, avec une touche rétro futuriste des plus réussie.

Zaya planche 1

Je trouve le graphisme tout à fait somptueux, inventif. Bien sûr, qu’il soit Chinois ou pas, l’illustrateur de bande dessinée de science-fiction ne peut tout simplement pas passer à côté de la femme légère et court vêtue, tantôt maman attentionnée, tantôt  brandissant un flingue démesuré. Les fantasmes masculins ne changent guère d’un pays à l’autre…

Zaya-planche-2.jpg

Reste un volume pour éclaircir cette intrigue assez confuse et replonger dans l’univers saisissant de Zaya qui ayant réussi à survivre au massacre des membres de la Spirale ne se sort pas indemne de son passage dans l’hyperespace, car plus personne ne se souvient d’elle, pas même ses enfants.

Mots-clés : thriller

 

Zaya, tomes 1 & 2, Jean-David Morvan (scénario) & Huangjiawei (dessin), Dargaud, janvier et septembre 2012, 14.95€ pièce

Par Sandrine Brugot Maillard - Publié dans : Bandes dessinées/Mangas
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Vendredi 30 novembre 2012 5 30 /11 /Nov /2012 00:00

Février 1929, New York. Alors que la Prohibition déchaîne les gangs de plus en plus puissants, la maison Dragonmir, vampires venus de Roumanie, décide de prendre le contrôle de la ville et d’exercer sa loi. Pour ça, Stefan, le cadet, commence par éliminer Bava (Mario Bava...) et ses hommes. Un flic corrompu, violent et meurtrier, Pete O’Leary,  les y aide tout comme il ne réprime pas les livraisons de sang qu’ils font acheminer depuis le Canada.

Turf-1.jpg
Gregori Dragonmir, l’aîné à la tête du clan Strigoli est partisan de la paix avec les humains. Il ne se nourrit plus que du sang d’animaux ce qui l’affaiblit et permet bientôt à son frère de prendre sa place.

Susie Randall, jeune et intrépide journaliste au Herald souhaite enquêter sur la guerre des gangs et décrocher un scoop. Mais au cours d’un affrontement entre gangs et vampires, elle est faite prisonnière.

Pendant qu’ils s’entretuent, un vaisseau  cargo xhilm s’écrase suite à une bataille spatiale près de Coney Island avec à son bord des contrebandiers de l’espace, Squeed et Prin, ainsi qu’une cargaison d’armes volées et d’alcool. Eddie Falco, chef de gang fait alliance avec Squeed, seul survivant du vaisseau.

Turf-3.jpgLes  Strigoli eux attendent sous peu le retour de l’ancêtre et l’accomplissement de la prophétie qui les rendra maîtres des humains avant que ceux-ci ne deviennent trop puissants et ne les exterminent tous. Stefan Dragonmir prend la tête du mouvement, sans savoir qu’il est manipulé par Vaseli, le major d’homme. C’est que Stefan et Gregori sont des sangs-mêlés, nés d’une mère humaine.

Les forces en présence ne sont pas toujours très claires à mes yeux, mais ce qui l’est, c’est le bain de sang final, des pages et des pages de combats entre hommes et vampires, avec humains pendus aux arbres par dizaines, égorgements, rayons-de-la-mort-qui-tue (ceux des ET alliés aux humains) et monstre atroce venu du fin fond des âges et très très en colère.

Turf-2.jpg

On l’aura compris, Jonathan Ross ne craint pas le mélange des genres : vampires contre aliens en temps de Prohibition, rien de plus original. Le graphisme rend très bien compte de l’ambiance rétro et plonge le lecteur dans un New York sombre des bas-fonds que le sang et les flammes rougissent au final. Si on se perd un peu parmi les gangs dans le premier tome, l’intrigue se resserre dans le second autour de la lutte des humains contre les vampires et l’avènement du tueur d’hommes. Qui advient comme il se doit dans un déluge de sang et de gigantisme délirant dont personnellement je ne suis pas fan.

Tout ça à des lieues de ce que publie d’habitude Emmanuel Proust (éditeur de Pascal Croci).

Mots-clés : vampires - extraterrestres

 

Turf, tomes 1 & 2 (2010), Jonathan Ross (scénario) et Tommy Lee Edwards (dessin), Emmanuel Proust (Atmosphère), avril et mai 2012, 15.50€ pièce

Par Sandrine Brugot Maillard - Publié dans : Bandes dessinées/Mangas
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